Un Tour propre ?
Le Tour à peine terminé, voilà que se déchaînent les analyses, les commentaires, les suppositions, les accusations sans preuve, les amalgames, tout ceci tournant toujours autour d’un sujet récurent : le dopage.
Le Tour a-t-il été propre ?
J’ai d’abord appris que les échantillons du Tour 2008 allaient être réexaminés pour une quinzaine de coureurs, dont les paramètres sanguins, relevés grâce au Passeport Biologique, ont révélé quelques anomalies. Ces coureurs, qui pour la plupart étaient au départ du Tour 2009, ont été avertis de cette procédure. Je rappelle que, le Passeport Biologique, de création récente, a été mis en place dans ce but, (mettre en évidence des paramètres sanguins anormaux) afin d’orienter de façon prioritaire les contrôles, en particulier les contrôles inopinés. La réalisation de ces contrôles sur les échantillons du Tour 2008 laisse présager la révélation de cas positifs.
Concernant le Tour 2009, j’ai entendu une interview de Pierre BORDRY, le Président de l’Agence Française de Lutte contre le Dopage (AFLD) qui fait plusieurs révélations. Selon des informations « issues de la course, elle-même » il y aurait eu encore, des pratiques d’auto transfusions,encore indétectables. Issues de la course, signifie, selon Mr BORDY, que ce sont des proches des tricheurs (coéquipiers ?), lassés de ces pratiques, qui ont craché le morceau.
Toujours selon Mr BORDY, une 3ième génération d’EPO, non encore sur le marché et non détectable en l’état actuel des contrôles, aurait pu être utilisée, ainsi qu’un autre médicament non encore détectable (en cours), permettant d’optimiser sa musculature tout en perdant du poids, si j’ai bien compris.
Voici le lien qui vous permettra, si vous le souhaitez, d’entendre l’intégralité de cette interview : http://payre.com/medias/mp3/cyclisme/Bordry.mp3
Je ne me fais pas d’illusion, se doper c’est tricher, et il y a des tricheurs partout, dans tous les secteurs de la société, y compris dans le Sport et donc dans le Cyclisme. Avoir une ligne de conduite honnête n’est pas la philosophie du plus grand nombre. La peur du gendarme, qui est le commencement de la sagesse dit-on, reste le meilleur moyen de limiter les pratiques interdites.
Le cyclisme fait le ménage, et il est le sport qui pratique les contrôles les plus stricts, mais on n’arrivera jamais à éradiquer totalement le dopage. Grâce à leurs contrôles laxistes, beaucoup de sports sont à l’abri des remous qui secouent régulièrement le monde du cyclisme.
J’ai aussi une conviction. Ce n’est pas le dopage qui fait le champion, mais son acquis génétique, son travail, sa volonté, son orgueil, son ego. Sans le dopage, la hiérarchie des coureurs aurait été sensiblement la même ces 20 dernières années. Dopez un bon cycliste, capable de monter le Ventoux en 1h20, il ne gagnera que 2,3, voire 4 minutes, ce qui le laissera quand même très loin des meilleures performances!
Toujours de Pierre BORDRY : en luttant de façon acharnée contre le dopage dans le cyclisme « on défend le cyclisme des gens propres, qui est le cyclisme du plus grand nombre » et encore selon lui, et encore plus rassurant, les pratiques douteuses ne concernent qu’un nombre très limité des coureurs du Tour.
Le Tour n'aurait donc pas été 100% propre. On pouvait s'en douter, comme ne le seront probablement pas les Mondiaux de natation (en cours) et les mondiaux d'athlétisme (à venir) et toutes les confrontations sportives à venir. Quel sport peut se vanter d'être épargné par le dopage ?
Mais il est quand même dommage que les pourfendeurs du cyclisme de haut niveau, souvent eux même des cyclos ou des coureurs, n’aient pas une vision lucide du problème, en associant systématiquement la performance au dopage. A les entendre, on a l'impression qu'ils veulent démontrer qu'ils sont les meilleurs cyclistes parmi les non dopés. C’est triste !