Romain SICARD confirme sa brillante saison.
Il est déjà jeune professionnnel chez ORBEA, et l'an prochain il sera chez Euskatel. Depuis le début de saison il est au sommet des classements de toutes les courses qu'il a effectuées. Sa première grande victoire est la Subida al Naranco, une classique espagnole, où il a battu un lot relevé de professionnels. Il a ensuite remporté la grande étape de montagne de la Ronde de l'Izard, au Plateau de Beille. Et il vient de remporter, à la tête d'une superbe Equipe de France, le Tour de l'Avenir.
Aujourd'hui, au Championnat du Monde Espoirs, cette équipe de France a été dominatrice, et à l'exception d'Arnaud COURTEILLE, un peu en retrait, tous ses éléments ont été exceptionnels de présence, de combativité, d'abnégation. J'en citerai deux en particulier : Alexandre GENIEZ (VC La Pomme) qui a été omniprésent à l'avant de la course, non seulement présent, mais aussi à l'attaque pemanente, obligeant les grosses équipes à des réactions usantes. Et il va chercher à la fin une 11ème place !
Arthur VICHOT a été le dernier défenseur. SICARD à l'avant dans les deux derniers tours, il est allé chercher tout le monde, contrôlant Italiens, Russes et Colombiens, les plus remuants et les plus dangereux. Dans la dernière côte, après son dernier contrôle, on l'a vu littéralement exploser, certainement apaisé et satisfait du travail bien fait. Il savait à ce moment là que SICARD irait au bout, et SICARD peut lui tirer le chapeau.
Ce qui m'a frappé c'est l'assurance apparente de ce dernier. A l'attaque du dernier tiers de la course il a éparpillé tout le peloton sur une attaque, mais beaucoup en avaient encore sous la pédale. Il s'est relevé et s'est remis sagement dans les roues, pour attendre un meilleur moment. Quand celui ci est arrivé, à la fin de l'avant dernier tour, il a attaqué et il s'est immédiatement isolé, "à la pédale". Le néerlandais qui l'accompagnait l'a relayé, mais on sentait bien (avec beaucoup d'espoir à ce moment là) qu'il était plus fort et qu'il pourrait gagner. Dans l'ascension de la première côte du circuit final, il a lâché au train son compagnon et là, il a semblé comprendre qu'il allait gagner. Son allure ne s'est pas désunie. Bien posé sur son engin, bien concentré dans l'effort, il est allé jusqu'au bout. Superbe technicien, beau styliste (les bienfaits de la piste !) il ne semblait pas se battre pour un titre mondial. A l'arrivée, il donnait l'apparence de celui qui avait fait son boulôt, de celui qui a atteint l'objectif fortement ancré en lui, peu surpris en fait de sa performance.
Et si on tenait en lui celui qu'on attend depuis une dizaine d'années ? Le fait qu'il aille chez Euskatel est à la fois une bonne et une mauvaise chose. Une bonne, car il ne sera pas gangréné par l'ambiance "fonctionnaire du vélo" qui règne dans les équipes françaises. Peut être une mauvaise, car l'équipe Euskatel a une réputation sulfureuse en matière de "soins". L'avenir nous le dira...
1. Romain Sicard (France) les <st1:metricconverter productid="179,4 km" w:st="on">179,4 km</st1:metricconverter> en 4h41'54"
2. Carlos Betancur (COL, Colombie) à 27 sec.
3. Egor Silin (RUS, Russie) m.t.
4. Peter Kennaugh (GBR, Grande-Bretagne) à 49 sec.
5. Jérôme Baugnies (BEL, Belgique) à 54 sec.
6. Marko Kump (SLO, Slovénie) m.t.
7. Yevgeniy Nepomnyachshiy (KAZ, Kazakhstan) m.t.
8. José-Cayetano Sarmiento (COL, Colombie) m.t.
9. Matthias Brandle (AUT, Autriche) à 1'00"
10. Damiano Caruso (ITA, Italie) à 1'33"