LE DENOUEMENT<o:p></o:p>
La victoire de CONTADOR n’est pas une surprise. Elle a été difficile et on pensait qu’il s’imposerait avec plus de facilité. Le Tour s’est résumé à un duel. ARMSTRONG qui apparaissait comme un rival susceptible de se battre pour le podium (au moins), a du rendre les armes, ainsi que BASSO et EVANS, j’y reviendrai.<o:p></o:p>
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LE DUEL CONTADOR/SCHLECK
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L’issue a été incertaine jusqu’au Chrono, qui a basculé un instant à l’avantage de SCHLECK. Mais le manque de technique de ce dernier sur cette discipline l’a condamné. Heureusement qu’il a travaillé pendant un an avec un spécialiste ! (Bobby JULLICH), mais il devra encore beaucoup progresser, au moins sur 2 points : sa position et sa vélocité. Celle-ci s’améliorera s’il arrive, par du spécifique, à avoir un coup de pédale plus fluide, moins haché. J’ai aussi appris dans l’Equipe, qu’il n’avait pas reconnu le parcours du Prologue. Négligence gravissime pour un coureur qui court pour la victoire au Général. Ce jour là (prologue), il a perdu 40 secondes sur CONTADOR !!<o:p></o:p>
J’aurais aimé un peu plus d’agressivité entre eux. Cette pseudo amitié, savamment entretenu par CONTADOR (qui avait plus à y gagner que son adversaire car c’est lui qui était sur la défensive), a gelé un peu les débats. SCHLECK a fait le complexe de l’étape de Spa, lors de laquelle tout le monde s’est relevé en tête de course pour l’attendre, lui et tous les autres coureurs qui avaient chuté dans la descente de Stockeu ou du Rosier, je ne sais plus. Psychologiquement, et probablement sans qu’il en ait eu conscience, cet épisode l’a affaibli, car il se sentait redevable d’une dette auprès des autres, (dont CONTADOR), qui l’avaient attendu.<o:p></o:p>
Quant à l’incident du dérayage, c’est un fait de course. C’est vrai que CONTADOR ne peut dire qu’il ne l’a pas vu. Cependant, sa contre attaque était déjà lancée et il ne pouvait l’arrêter alors que Samuel SANCHEZ et MENCHOV étaient déjà en train de la prolonger. De plus, SCHLECK s’y est repris à deux fois pour remettre sa chaîne sur le plateau. S’il la remet du premier coup, il serait revenu dans les roues, car au sommet il n’avait que 17 s de retard, moins de temps que ne lui a coûté cette seconde manœuvre.<o:p></o:p>
De plus, dans l’étape de l’arrivée au Tourmalet, il a quand même joué « petit bras » et n’a pas tenté le tout pour le tout. Son attaque à 10 kms du sommet était belle, mais elle aurait eu plus de chance d’aboutir s’il avait produit la même dans le Soulor, le col précédent, très dur. Attaquer dans le Soulor, certainement pas pour finir l’étape en solitaire, mais pour affaiblir son adversaire, psychologiquement en le faisant douter et physiquement en commençant à épuiser ses réserves. A ce niveau là, comme ils sont très proches, il avait peu de chance de le décrocher CONTADOR, et à fortiori de lui prendre suffisamment de temps en prévision du chrono. On sait très bien que c’est la répétition des efforts en zone critique qui provoque le décrochage, et pas seulement une vingtaine de minutes. Il avait sûrement la crainte de s’épuiser lui-même, avant CONTADOR, mais quand on n’a rien à perdre (que sa seconde place éventuellement) et qu’on prétend vouloir tenter le tout pour le tout, on ne calcule pas. On fonce jusqu’à la rupture, la sienne ou celle de l’adversaire. <o:p></o:p>
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ARMSTRONG
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J’ai apprécié son attitude. Sa volonté de terminer le Tour est louable. Il aurait pu se retirer après ses chutes en prétextant un trait de fracture, un déplacement de vertèbres ou une déchirure musculaire, comme beaucoup de sportifs savent le faire. Il a réalisé un baroud d’honneur dans la grande étape pyrénéenne, mais ses facultés au sprint, qui ne sont plus ce qu’elles étaient à ses débuts, lui ont interdit la victoire.
Maintenant, une dure bataille l’attend aux USA, où il va devra justifier de certains faits que beaucoup jugent pour le moins troublants. Et aussi répondre aux accusations précises de LANDIS.<o:p></o:p>
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LE PARCOURS
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Belle idée que d’avoir mis une étape sur les pavés. Elle a été spectaculaire. Dommage qu’elle ait provoqué l’abandon de Franck SCHLECK, dont l’absence a été préjudiciable à son frère Andy. <o:p></o:p>
La grande étape pyrénéenne était sans grand intérêt, avec le dernier col à plus de 70 kms de l’arrivée. Vraiment une aberration ! C’est triste et ennuyeux que des grands cols, enchaînés en cours d’étape (à allure relativement modérée) n’influent pas directement sur le classement général. Une suggestion : attribuer des bonifications en temps au sommet de tous les cols importants.<o:p></o:p>
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LES DECEPTIONS
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Ou plutôt ceux qui n’ont pas tenu leurs promesses. BASSO et EVANS, qui ont confirmé la difficulté de doubler Giro et Tour, en jouant le général. WIGGINS, aussi, qui a fait le Giro « en dedans », mais qui en a quand même payé le prix, incapable de rééditer, au minimum, son classement de 2009 (4ème)<o:p></o:p>
Je citerai aussi Roman KREUSIGER, 9ème, que j’espérais un peu mieux, et lui aussi d’ailleurs.<o:p></o:p>
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LES SATISFACTIONS
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VAN DEN BROECK surprenant 5ème, HESJEDAL 7ème, toujours placé, accrocheur, GESINK 6ème, qui confirme son profil de coureur de grand tour, et enfin et surtout, le Champion Olympique Samuel SANCHEZ 4ème, toujours à fond quand il le faut, concentré jusqu’au bout. Mais il va se trouver éjecté du podium par MENCHOV, ancien vainqueur du Giro, qui a su faire l’impasse qu’il fallait (le Giro cette année), pour être au niveau au Tour.<o:p></o:p>
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CANCELLARA
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Vainqueur du Prologue et du Chrono de 50 kms, ce dernier à <st1:metricconverter productid="51.2 km/h" w:st="on">51.2 km/h</st1:metricconverter>, il a fait taire la polémique sur le moteur électrique qui se trouvait, soit disant, dans la boite de pédalier de son vélo de Paris Roubaix et du Tour des Flandres. Il a prouvé que, lorsqu’on est un être exceptionnel, le meilleur dans son domaine, et qu’on sait exploiter au maximum son potentiel, on réalise des performances incroyables, au vrai sens du terme. Des performances que le commun des mortels, lorsqu’il les compare aux siennes, juge impossibles sans un concours externe, illicite. Dans tous les domaines, la hiérarchie s’établie du commun à l’exceptionnel. Il faut l’accepter. Les hommes naissent égaux en droits (en France, pas partout !), mais comme dit Coluche, y’en a qui sont plus égaux que les autres ! Quand on est capable de faire un CLM à <st1:metricconverter productid="40 km/h" w:st="on">40 km/h</st1:metricconverter>, il faut accepter qu’il y ait des coureurs capables de le faire à plus de 45, 47, <st1:metricconverter productid="49 km/h" w:st="on">49 km/h</st1:metricconverter>, et même une poignée, au niveau mondial, à plus de <st1:metricconverter productid="51 km/h" w:st="on">51 km/h</st1:metricconverter>, sans aller immédiatement invoquer dopage ou moteur.<o:p></o:p>
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LES FRANÇAIS
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Nos valeurs sures ont assuré une belle série de victoires d’étapes, en partant de loin et en réalisant, somme toute, de réelles belles performances. Si je devais en citer une de préférence, ce serait celle de RIBLON, le pistard, qui lorsqu’il a été seul dans la dernière ascension, roulait presque aussi vite que le groupe des favoris qui le talonnait derrière. J’ai bien aimé aussi celle de VOECKLER, comparable mais moins surprenante car on connaît l’individu, coutumier d’attaques de grande envergure !<o:p></o:p>
Ces victoires sont l’arbre qui cache la forêt : aucun des français qui prétendait tenir un (petit) rôle au général, n’a réussi dans sa tâche. LE MEVEL, ROLLAND, PAURIOL, ont été tous largement en dessous de leurs prétentions, plus ou moins avouées. Ce n’est pas vraiment une surprise. Ils n’ont pas le profil pour entrer dans le top 5. Un français sera-t-il en mesure de courir pour la victoire dans le Tour lors des 10 prochaines années, et même des 15 prochaines années ? Je parlerai de ça un de ces prochains jours. J’ai une idée assez précise la dessus.
<o:p>Mention bien à Christophe MOREAU , pour son dernier tour, et qui reste le dernier français à avoir obtenu une belle place à Paris (4ème en 2000)</o:p><o:p></o:p>
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EN SYNTHESE
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Un tour perdu par SCHLECK, plutôt que gagné par CONTADOR. Si Andy veut gagner un jour, face à un CONTADOR du niveau de 2009 et 2010, il devra faire preuve de plus de professionnalisme, de concentration, et ne négliger aucun détail dans sa préparation. <o:p></o:p>