
Le Tour de Lombardie n'était plus ce qu'il était dans les années 80 et avant. Mal placé, car situé en toute fin de saison, il n'a pas toujours bien été fréquenté ces dernières années, et pourtant à 1 ou 2 exceptions près, il a toujours couronné un grand champion. CUNEGO l'a remporté à 3 reprises et chez les français, le dernier vainqueur est Laurent JALABERT. Avant lui Bernard HINAULT l'a remporté 2 fois. Autres vainqueurs français : Charly MOTTET et Gilles DELION.
Concernant Gilles DELION, vainqueur en 1990, l'occasion m'est encore donnée d'affirmer qu'il est possible de gagner les plus grandes courses sans dopage. Gilles DELION en était un adversaire acharné, et il le combattait ouvertement, ce qui lui a valu beaucoup d'obstructions de la part de ses pairs, au début des années 90. Il était savoyard et c'était un coureur de grande classe. Confronté à l'avênement EPO, et victime d'une mononucléose récurrente, il a été conduit à stopper sa carrière prématurément. Il déclarait :
Dans Cyclisme International de janvier 1997 :
"Je ne vois pas (...) l'intérêt de gagner complètement allumé, ni quelle fierté on peut en tirer. (...) Je suis très attaché à cette notion de pureté du sport, sans laquelle il n'y a plus de beauté du geste, plus d'héroïsme. (...) Les pros doivent être irréprochables ; la fin ne justifie pas les moyens, ce n'est pas vrai."
"Le crime du dopage profite aux sportifs qui gagnent des dizaines de millions de francs et pour lesquels les sanctions ne sont pas assez lourdes."
Outre le Tour de Lombardie, il a remporté de trés belles courses comme : étape Tour de France, Maillot blanc du meilleur jeune, étape Critérium International, Classique des Alpes Elites...
Revenons au Tour de Lombardie d'aujourd'hui. Beaucoup de vedettes au départ. Super spectacle et superbe retransmission de la RAI. J'étais scotché devant la télé, appréciant d'autant plus qu'il s'agissait de la dernière de la saison. Dans le Ghisallo, l'écrémage ne laisse plus qu'une trentaine de candidats à la victoire, mais beaucoup d'entre eux au bord de la rupture. A l'avant, plusieurs coureurs sont à l'attaque, et j'apprécie d'y voir Daniel MARTIN (ex coureur de La Pomme, Irlandais) grimpeur patenté (à ne pas confondre avec l'allemand Tony MARTIN de Columbia)
Dans le Civiglio, Cadel EVANS passe à l'attaque et il déclanche la grande bagarre. Samuel SANCHEZ contre, flanqué de Philippe GILBERT, et ils se neutralisent, ouvrant la porte à VINIKOUROV qui re-contre et crée un écart d'une vingtaine de secondes, accompagné de 2 autres coureurs.
Cadel EVANS, au service de GILBERT, s'emploie à combler le trou et le regroupement opéré, sous la conduite finale de CUNEGO qui y a laissé ses forces vives, Philippe GILBERT place une attaque, du genre de celle "qui tue" et qui laisse tous les favoris sur place, à l'exception de Samuel SANCHEZ qui parvient, non sans difficulté, à se replacer dans la roue. Insolent de force et de confiance, GILBERT s'impose facilement au sprint face à son dernier opposant, bien content de faire 2ème malgrè tout.
Classement :
1. Philippe Gilbert (BEL, Silence-Lotto) les <st1:metricconverter productid="246 km" w:st="on">246 km</st1:metricconverter> en 5h43'46"
2. Samuel Sanchez (ESP, Euskaltel-Euskadi) m.t.
3. Alexandr Kolobnev (RUS, Team Saxo Bank) à 4 sec.
4. Luca Paolini (ITA, Acqua & Sapone-Caffè Mokambo) m.t.
5. Johnny Hoogerland (PBS, Vacansoleil) m.t.
6. Robert Gesink (PBS, Rabobank) m.t.
7. Alexandre Vinokourov (KAZ, Astana) m.t.
8. Daniel Martin (IRL, Garmin-Slipstream) m.t.
9. Juan-José Cobo (ESP, Fuji-Servetto) m.t.
10. Cadel Evans (AUS, Silence-Lotto) m.t.
PS : j'ai apprécié la prestation du jeune Jacob FUGLSANG (Saxo Bank), qui commence à faire parler de lui, et qui n'en a pas fini. Il a plié dans le final après avoir été longtemps à l'avant